La seconde édition de l’atelier séminal artistique et philosophique est placée sous le signe de la répétition dans les processus individuels et collectifs de création.
D’une part, il s’agit d’explorer in situ ce qui se rejoue dans le travail créatif de chacun des participants, en offrant à chacun la possibilité de se pencher sur les aspects récurrents, voire invariants, de leurs interventions, aux niveaux praxique et symbolique. L’enjeu théorique est de définir ce qu’est la répétition en soi, et de déterminer son rôle dans le processus de création. En particulier, on s’attachera à comprendre la tension entre la répétition d’une part, dont Deleuze fait le coeur de « l’existence », et l’indispensable résistance à ce qui se répète d’autre part, qu’il qualifie de « création ». De quoi relève cette tension ? S’agit-il d’éprouver des sensations fortes, telles la peur, l’angoisse, la hantise ou, positivement, la satisfaction, la joie ou la jouissance, ou encore l’éclair extatique d’une vision ? S’agit-il de reproduire mécaniquement des processus, des habitudes ou des motifs élémentaires qui imposent une démarcation du réel ? S’agit-il enfin d’assumer symboliquement un héritage, et de le réassumer en s’inventant une doublure ? L’atelier aura pour tâche de circonscrire la notion de « répétition » à travers les différentes expressions de la fonction créatrice.
D’autre part, il s’agit de gagner le public à l’art comme à une forme d’ouverture à la différence, ouverture de l’esprit et des sens à des possibles originaux. L’enjeu est de mobiliser vers l’original, et à travers cette mobilisation, de savoir si l’electrobolochoc a un rôle social à jouer dans l’Allier. Base arrière secrète de création, laboratoire pour les scènes nationales et internationales reconnues, sommes-nous aussi capables de générer des interactions avec les artistes, penseurs et musiciens localement impliqués, et avec le public de l’environnement immédiat ? Pouvons-nous réellement former un milieu d’échanges et légitimer l’electrobolochoc de façon endogène ? Le pari est ouvert qui consiste à suggérer que l’Allier, et en particulier le Val de Sioule, et très précisément le château de Veauce, forment une matrice capable d’accueillir toutes les possibilités créatives avec l’exigence de la simplicité de l’essentiel, c’est-à-dire d’une certaine forme de sérénité existentielle.
Paul-Victor Duquaire