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                               Electrobolochoc
    Raffaëlla Tempesta.
 
 
 
  ELECTROBOLOCHOC   raffaella tempesta 
     
 
L’Electrobolochoc a été l’occasion de poursuivre ma recherche artistique avec l’apport d’autres composantes : la philosophie, les textes poétiques, un lieu particulier et surtout les autres personnes qui comme moi sont dans un processus de recherche.

ELECTROBOLOCHOC 2005

Mais pour cela je laisse parler le récit que j’ai écrit de retour du Château de Veauce :


“Lundi 2 Mai, 14 heures, après 6 heures de voiture, arrivée au Château de Veauce. Quelques personnes sont déjà arrivées. Atmosphère tranquille de la chaleur de printemps. Petite fibrillation. On rencontre les organisateurs (des philosophes, mmm, des gens bizarres, peut-être qu’il pensent la même chose des danseurs), cahier à la main, pour noter les noms et les exigences personnelles des nouveaux arrivés.Visite du château. Je ne m’attendais pas du tout à cela. Un vrai château médiéval. Un décor naturel vrai, existant. Si j’avais su j’aurais pu préparer, envisager des représentations variées. Les couloirs, les statues, les tableaux, le bois, l’odeur du bois, la lumière sombre, le froid, les escaliers. Au rez-de-chaussée un énorme miroir. Du coup je vois Caligula en train de se regarder. Si j’avais su… La visite continue, les salles, les salles à thèmes, la salle de conférences… il n’y a pas une scène, il n’y a pas une salle assez grande pour un spectacle et le public. Comment je vais faire avec Antigone? La terrasse, la cour, le jardin, je vois bien Hamlet monter sa petite pièce dehors, je vois aussi Macbeth se promener dans les couloirs. Mais Antigone ?
Les autres invités arrivent petits à petits. Le soir aussi arrive. On se retrouve tous dîner dans la salle cabaret. Illustration du programme : conférences les matins, travail de préparation, répétitions, rencontres l’après-midi, spectacles-performances le soir. Mais, tout est prêt à changer.
Rencontres. Une des choses qui m’a surpris le plus. Un vrai lieu de rencontre. On n’a jamais du temps pour cela. Ici, la rencontre c’est partie intégrante, nécessaire au déroulement de la semaine. L’occasion est partout, dans tous les moments. On commence tout de suite, au premier moment d’assemblement : le dîner. On se découvre. Des danseurs, des musiciens, des écrivains, des plasticiens. Une petite fille qui se promène avec sa choupette. Un châtelain, une châtelaine. Et pour ceux qui ont de la chance, un fantôme.
Mardi. Le soir animation par les danseurs. Réveil de bonne heure et travail d’échauffement. On avait prévu deux pièces, mais cela sera pour la fin de la semaine. On prépare un travail de groupe et de petits travaux à deux. Je reste seule. Je sais déjà que j’ai envie de travailler sur un texte. Hier j’ai connu un écrivain, j’ai envie de lire ses écrits. J’ai connu aussi une danseuse. On travaille ensemble? Les jeux commencent. Emmanuel Nardon me confie un de ses textes (selon son inspiration). Lecture, travail de compréhension entre France, Italie et Corée (la danseuse est coréenne). C’est un texte fort. Violent. On ne peut pas tout faire. Je demande à Emmanuel la permission de faire ce que je veux avec son texte. Il ne s’attend pas du tout à ça. D’accord. On choisi, on coupe, on colle, on traduit. Improvisation de parole, de mouvement. Parole, voix, danse, deviennent un seul élément. On est prêts. On n’est jamais prêts. On est toujours prêts. Dîner. La soirée commence. Ensemble. Les petites performances préparées dans la journée. Musique, mime, danse, vidéo, lectures. Un déroulement naturel. Dix heures. C’est à nous. « Récital » commence. C’est la première fois que je fais une lecture en français. C’est la première fois que je travaille un texte avec une danseuse, c’est la première fois que je prépare un spectacle en deux heures. Je ne le savais pas encore, mais cette semaine aurait vu la première fois de pleines choses. La soirée c’est bien passée. Tout le monde était content, on a eu des bons retours, de retours constructifs. Malheureusement Emmanuel n’était pas là pendant son « Récital », mais heureusement Bénédicte oui l’était. Elle a tout filmé. Emmanuel a tout vu. Il était ému. C’était la première fois que quelqu’un mettait en scène un de ses textes.
Le signe est représentation. Le symbole est un signe qui contient en soi le signifiant. Le sens est la manière de représenter. Si la philosophie étudie les principes universels de la réalité, l’art est une façon de l’interpréter. Apport philosophique, apport artistique. Pendant les conférences, une fois le sujet exposé, chacun participait avec son avis. Le dialogue, est possible. Encore une fois, le dialogue est nécessaire. La logique qui détermine le monde (ou le monde qui détermine la logique). Et nous on fait quoi ? La question est posée. La question est ouverte. La phénoménologie, la métapsychologie, Freud, Maté Blanco. Les traumas. Antigone.
Mercredi. Conférence et concert avec un musicien italien. Une façon très différente de composer. Un travail presque mathématique. L’erreur. Cela existe, on l’intègre ou pas. Et cela donne une couleur en plus. Tout ça me semble très humain.

Le couloir du château. Chaud, un décor naturel. C’est ici qu’on va jouer Antigone. Les répétitions commencent. Ce n’est pas évident du tout. L’espace est petit, pas de coulisse, pas de lumières. Travail d’adaptation. Parfois, j’ai l’impression que quand on a des contraintes assez strictes, c’est presque plus facile de s’adapter.
Les jours passent, la vie au château continue. Au déjeuner on rencontre les nouveaux arrivés. Le soir des concerts, on danse. Les performances, tout le temps. Les moments de pause… ça continue quand même. Rien ne s’arrête jamais. Non plus le moment du repos. La nuit aussi, il y a quelqu’un qui travaille sur la vidéo, un autre qui écrit, un autre qui rêve ce qu’il va faire le lendemain, un autre qui pense, un autre…
Lucie. Un vrai fantôme qui se promène dans le château. Tu sais quoi ? On va raconter son histoire dans le spectacle. C’était déjà un bon moment que j’aurais voulu qu’Antigone raconte une histoire. Voilà l’occasion. Travail d’espace, travail d’improvisation.
Les fractales, les vidéos, « Jésus je t’aime », la musique, « mangez-nous », lecture nourriture, « les seins », les arbres, « Antigone »… cela semble ne jamais s’arrêter.
Et pourtant dimanche soir arrive. Devant l’entrée principale du château, comme le jour qu’on est arrivés, on va saluer les gens qui partent (pour nous ce sera demain matin). L’atmosphère est dense, il y quelque chose qui nous retient là, tous. On ne se décide pas à partir. Et… le rituel commence : une percussion, une autre, une voix, une flûte, une autre voix, un chant, une danse.
Enfin, on peut partir. Avec la densité qui reste. On n’a pas eu le temps de tout voir, de tout faire. On a le temps de continuer. Cela ne s’arrête pas. On le sait, on le sent. Au prochain rendez vous. Je t’appelle dans une semaine, d’accord ?, pour moi le mail c’est plus facile…“


ELECTROBOLOCHOC 2006


“…et l’aventure continue. Mardi 23 mai j’arrive au château (dommage, je n’ai pas pu être là à l’avance à cause des derniers examens à la fac). L’émotion est grande. Je retrouve les artistes et les philosophes de l’année précédente, j’en connais de nouveaux. L’atmosphère est la même et en même temps différente. Cette fois-ci on sait ce qui nous attend. Tout le monde est bien sagement au travail. Conférences, performances, lectures, créations musicales. Tout se mélange. « Le mariage de Cathy » : une installation plastique qui joue sur la répétition. Un apport théâtral pourrait renforcer cet effet de répétition. C’est comme ça que je commence à y travailler avec Catherine. Diversité et hybridation restent le cœur de la vie artistique à Veauce. C’est ici que j’ai eu vraiment l’occasion de connaître Alessia. Après une première collaboration sur « Ti soffio via », elle a accepté de travailler à ma création. Au début elle ne comprenait pas, mais elle a su me faire confiance et c’est comme ça que « La réponse » est née. “

LA REPONSE
Encore une fois une forme théâtrale qui voit le mélange de danse, théâtre et texte.
Encore une fois c’est un univers féminin qui est exploré.
Un personnage qui se dédouble, entre présent et souvenir. Violence, douceur, ironie. L’univers du rêve toujours présent.
Avec des extraits de :
« De l’infériorité de la femme » de August Strindberg
« Les monologues du vagin » d’Eva Engels

 




     

Electrobolochoc

 

Mise à jour le Lundi, 26 Juillet 2010 16:15