S'inscrire

Identifiez-vous


 
         
                     Air de rien du tout    
     Jean-Paul Ducarteron, Ga-Young Fichet-Lee.    
   
 
     
      

AIR DE RIEN DU TOUT

  Au début rien que du silence. Scène de tous les possibles et de l’impossible. Noircissure, une première marque, un effacement permettant par le même geste, l’ombre et la lumière. Noircissure, un espacement ou un évidement qui autorise le jeu d’une forme, l’articulation de lettres, le signe graphique, la métamorphose dans la voix et sa réécriture dans le corps.

Pendant la lecture le pouvoir meurtrier des mots sur le réel est envisagé.
D’abord un pouvoir meurtrier régulier :Le texte est projeté sur un écran, le noir du réel correspond au noir policé des lettres du texte. Une différence entre écriture et lecture questionne le sens et le non-sens, la clarté et la nuit.
Ensuite un pouvoir meurtrier amplifié : Le noir du néant excède sa place attribuée aux graphèmes et envahit peu à peu la scène. Les thèmes de l’orgie angoissante et du sacrifice sont abordés.

Et un enfin pouvoir meurtrier atténué : Au dernier poème, lors d’une invocation à la rupture, on assiste à une exubérance dangereuse du réel, à une résurgence de matières néfastes et habituellement négatives qui pullulent maintenant dans l’écran. A cet instant, les mots sont-ils la chose impensable ?


Et Ga Young LEE danse ce jeu des mots dits. Les lettres au début régulières puis difformes transmutées en son traversent son corps et font désaccords. Son corps déchiré devient un lieu, le papier froissé et troué où on consigne la mémoire et l’oubli. Cette traversée de fragments, de signes, de fragments de signes engendre une exaltation du désir et offre un corps morcelé, messager d’essences sauvages.
Ce corps dont chaque fibre de chair habité de convulsions spasmodiques entre dans l’abîme incandescent, la liberté suprême et impossible, la transe de toutes les consumations.

La répétition d’un arpège composé par Pascal BLONDY est le fil conducteur, le fil du rasoir, qui accompagne gaiement le possible angoissé d’une forme vers sa dissolution.


Cette présentation serait donc une interrogation en acte du rapport entre parole, écriture et désir, une discussion expérimentale sur le déchet produit par ce jeu et peut-être aussi une suspension joyeuse des identités rigides, des geôles imaginaires et de certaines orthopédies sournoises.


Noircissure, une mort pour mieux renaître.

Textes et mise en scène : Jean-Paul Ducarteron.
lespresseslitteraires.com


Danse : Ga Young Lee.
eaudevie1024@yahoo fr


Musique : Pascal Blondy.
blondy.officiel.free.fr



Mille ans

Sous un corset carré

Le vieux carré s’étrique

Au monde au silence être

Halé

Par le mors des censures

L’âpre équerre trace

Des raides rôles

Où l’hagard silence s’arrime

La ballade honnie ce castrât cassé

Se carre et s’évide

Son corps carré s’ébranle

Chante il est sourd

Sage sens exquis branlent

Ces sons L’écho castré fond de l’éphèbe ridé

S’agitent

Sa boussole est rechapée

Son nordique savoir assure

Son concert sûr et l’on dort négresses dansent

Battre sa queue

Ça coule punir le sang sonore

Que ses fougues reniées s’éteignent

Que son verbe où le vers s’écroule

S’étouffe Sous son poids croupie

Sa marre cubique









Manque de pot

Les pauvres coupes

Et les mornes donnes

Lassent ce jeu ennuyeux

Etouffe les chimères voici


A l’instant coloré COULEUR

La reine pleine aux as

Se sont joints les capots à l’instant

Dédain gloire et vocable son dément brelan

JOUONS Ce jeu à l’air tout piquant

SALACE Mon sale ego châssis de romances

Conte et ronge la futile figure

Ma tierce à l’as

Ma quinte de tout

Les beaux chelems fragiles

Attaquent l’atout roi

L’assaut salé vire allègre

Et l’as aussitôt

Pique la reine et faste

Ça fait va-tout ça joue sa langue

Ça vitupère

Et ça perd la vie


A l’heure tragique

Pied comique

Piécette ronde

Elle est ma misère

Elle était ma misère maintenant ma parole

[c’est ma croix rachetée

Atroce cette atroce mort mon langage a défrayé

Le montant chiffré de l’identité

Et moi moi l’anonyme acculé

Par la charge de ces affres

Sers une louchée d’entrailles

Ne pas la brasser de parole

Et l’anonyme affaissé

Peuchère se luxe davantage

En mot n’ai pas pied peux pas lier malheur

Le vide au fond

Tous ses fonds dragués

Des billets

Qui par espalier

Cavalent

Cavalent de coutume les quarante décences

Grossissent ici quitus ici

Valeur obscène

Et beurre en rang serré

Bavent engeance et barrent en chœur



Ma tombe ornée
Signe et totem remboursés

  Ye Lassina Coulibaly Ye Lassina Coulibaly
 
 
 
 

Air de rien du tout

 

Mise à jour le Lundi, 26 Juillet 2010 16:12